Barcelona, mardi 15 décembre 2009

La matinée de ce mardi a été consacrée à la visite guidée du Barcelone des modernistes, animée par une intervenante de l’Institut Français de Barcelone. Découverte de l’histoire de la Sagrada Familia, puis de la Casa de los Punxes, de la Casa Asia, de la Pedrera et de la Casa Batllo. Visite passionnante de ces monuments si originaux, dont l’architecture audacieuse témoigne de l’état d’esprit des riches propriétaires de l’époque comme de celle des architectes dont la créativité était totalement libérée. Cette visite fut aussi l’opportunité de découvrir la nature profonde d’Antonio GAUDI, architecte de génie fort décrié par ses contemporains, à travers son enfance, sa vie et son œuvre toujours en cours de construction.

Le temps n’était cependant pas avec nous : ciel gris et température de 7°C.

Hassane Cissé nous livre son analyse suite à la visite:

L’orgueil et la vanité comme moteurs de la création artistique des modernistes


Ce matin, nous avons fait une longue visite de Barcelone à la découverte de bâtiments conçus par les architectes modernistes.

Le modernisme est un  mouvement artistique, mais aussi politique qui est apparu en Catalogne à  la fin du XIXème siècle. C’est un mouvement qui rompt avec les codes traditionnels et qui met en avant tous les métiers de l’artisanat. Le modernisme veut aussi rétablir la splendeur de la Catalogne perdue depuis l’ère gothique.

L’un des fers de lance de ce mouvement est l’architecte Antoni GAUDI qui fut le concepteur de plusieurs bâtiments monumentaux et originaux (dont la Sagrada Familia, la casa Pedrera, …). Au cours du XIXème siècle, Barcelone a tiré un grand avantage de la révolution industrielle et a vu l’émergence d’une bourgeoisie attachée aux signes extérieurs de richesse. Ces bourgeois ont voulu montrer à leurs contemporains toutes leurs richesses et leur culture. Dans cette optique, ils ont fait appel aux plus grands architectes modernistes pour construire leurs résidences barcelonaises. Vu sous cet angle, c’est donc grâce à la bourgeoisie que la créativité et le savoir-faire des modernistes a pu s’exprimer et se développer.

Il est intéressant de mettre en parallèle le développement de cette mouvance, rendu possible par le mécénat de la bourgeoisie, avec l’extraordinaire expansion immobilière que l’on peut observer à Dubaï depuis les années 2000.

Les origines sont les mêmes : l’envie de démontrer à l’autre sa richesse et sa puissance, l’originalité et la monumentalité sont aussi présentes à Dubaï (île artificielle, tour de 800 mètres, …).

L’orgueil et la vanité ont été les « carburants » de la création artistique dans les deux cas, mais aussi globalement à travers l’histoire de l’humanité. Dans l’Egypte ancienne, les pharaons n’ont-ils pas mis en œuvre tous les moyens possibles et imaginables pour construire à leur mémoire, afin de marquer l’histoire de leur empreinte ? En Inde, Shaa Jaan a fait construire le Taaj Mahal, l’une des 7 merveilles du monde, afin que le monde entier voie tout l’amour qu’il avait pour son épouse.

Ainsi ce sont deux traits de caractères qualifiés de défauts qui ont été les extraordinaires  moteurs et « carburants » de la créativité à travers les temps et à travers les continents.

L’après-midi, le Pr Dr Gaspar Frontini, membre de la Commission Européenne, est intervenu sur « La compétitivité européenne en période de crise », abordant notamment les notions de Politique Commune, de Zone de Libre Echange, d’IDE (Investissement Direct à l’ Etranger), d’Union Douanière …
Puis nous avons étudié la compétitivité européenne à travers l’étude du CEPII (Centre d’Etudes Prospectives et d’Informations Internationales). L’intervention s’est achevée par un rappel des causes de la crise financière et de ses conséquences sur l’Europe.

La soirée a débuté par un dîner de groupe très sympa au SAGARDI, bar à tapas traditionnel, où les tapas en tous genres, agréablement accompagnés de ‘una bebida’, se consomment debout, accoudé au comptoir.

En fin de soirée, nous avons assisté à un superbe spectacle de Flamenco, dans un haut lieu artistique de Barcelone : le Tablao Cordobés, où se produisent de nombreux grands danseurs espagnols.
Une heure et demie de pur bonheur : danseuses sensuelles et danseurs troublants, au geste vigoureux et sûr, le tout sur des airs de guitares accompagnant des chants andalous.

mardi

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